1996 – 2016 : la saga SLK

Texte : Laurent Pennequin

En lançant la série SLK en 1996, Mercedes n’imagine pas une seconde le succès que ce petit roadster intelligent va rencontrer. Le nouveau petit jouet étoilé bouscule le marché et renverse la concurrence. 20 ans plus tard, voici la saga SLK.

Le retour des roadsters


Au cours des années 1980, le roadster, très en vogue dans les années 60 et 70, est une espèce automobile en voie de disparition. À la fin de la décennie, Mazda fait renaître ce type de voiture lors de la présentation de la Miata au salon de Chicago en février 1989. Six ans sont nécessaires pour que la concurrence réagisse au phénomène Miata qui triomphe sur tous les marchés de la planète. En 1995, de nombreux nouveaux modèles tentent bien de rivaliser : l’Alfa Romeo Spider, la BMW Z3, la Fiat Barchetta, la MGF et la Renault Sport Spider. Mais celle qui restera dans l’histoire, c’est bien la SLK.

Mercedes annonce donc son futur roadster de moyenne gamme au salon de Turin dès le mois d’avril 1994 avec un argument massue. La marque souabe innove avec un toit rigide escamotable électriquement. Elle réhabilite une invention française des années 1930 du carrossier Pourtout qui fut montée en série sur les Peugeot Eclipse. Ford utilisa également un toit rigide rétractable pour ses Skyliner de 1957 à 1959. Trente-cinq ans plus tard, ce concept est donc de retour pour le futur SLK.

Pari gagnant, pari gagné


Face à la déferlante de nouveaux roadsters, Mercedes a bien raison de chercher à se différencier. La première SLK de série du type R170, est dévoilée en avril 1996 à l’occasion du salon de Turin, exactement deux ans après le prototype. Elle offre les avantages d’une carrosserie ouverte et ceux d’une autre fermée.

La voiture est proposée à un tarif équivalent à 39 900 euros actuels pour la version SLK 200. En comparaison, la BMW Z3 1.8 est vendue 31 400 euros actuels et la Renault Sport Spider 38 300 €. La SLK table sur une plus grande polyvalence d’utilisation grâce à son toit rigide escamotable.

Les clients le comprennent immédiatement : la SLK est un succès qui s’impose face à la BMW Z3, plus sportive et moins chère mais bien moins confortable. Les chiffres de production confirment cela : 311 222 SLK R170 sortent de chaîne entre 1996 et 2004 contre 279 273 roadster Z3 entre 1995 et 2002.

Avec les générations suivantes, les ventes déclinent en raison de la crise et aussi du moindre attrait de la part du public pour les carrosseries ouvertes. La SLK R171 s’écoule à environ 230 000 unités entre 2004 et 2010. Ceci reste sensiblement supérieur aux 180 000 BMW Z4 de type E85 produites entre 2002 et 2008. Depuis 2011, la SLK R172 a été fabriquées à plus de 120 000 exemplaires. Ce chiffre est similaire à celui de la Z4 de type E89 lancée en 2009 qui dispose – enfin ! – d’un toit rigide escamotable. La BMW Z4 vient juste de tirer sa révérence, en août dernier, sans pour autant avoir été remplacée. Quant à nous, après qu’elle fut rebaptisée SLC l’été dernier, nous espérons tout de même voir une SLK R173 rapidement.

La première SLK type R170 : 1996 à 2004


La SLK R170 repose sur une plate-forme raccourcie de Classe C de la génération W202. Et si sa base est fabriquée à Osnabrück chez le carrossier Karmann, l’assemblage final est bien réalisé chez Mercedes-Benz à Brême. Avec sa carrosserie compacte, cette stricte deux places ne dépasse pas les quatre mètres de long, avec un style de capot à deux bosselages, en clin d’œil aux 190 SL et 300 SL des années 1950.

Dès son lancement, ce long capot abrite deux mécaniques à quatre cylindres : un 2.0 litres essence multisoupapes de 136ch et un 2.3 litres essence à compresseur de 193ch, accouplés à une boîte manuelle ou automatique à cinq rapports. Pour des raisons fiscales, une version 2,0 litres essence à compresseur de 192ch est proposée en Italie, au Portugal et en Grèce, mais uniquement disponible avec une boîte de vitesse manuelle à cinq rapports.

En janvier 2000 à l’occasion du salon de Détroit, le 2.0 atmosphérique est remplacée par un 2.0 à compresseur de 163ch. Le 2.3 – toujours à compresseur – gagne quatre chevaux. Le 2.0 compresseur de 192ch réservé à certains marchés disparaît. La boîte manuelle adopte un sixième rapport et … un moteur six cylindres équipe enfin une nouvelle version baptisée SLK 320. Ce V6 de 3.2 litres délivre 218ch, avec une boîte manuelle six ou automatique à cinq vitesses.

En janvier 2001, la version ultime de la série R170 est dévoilée. La SLK 32 AMG dispose d’un moteur V6 3,2 litres boosté par un compresseur de 354ch. Ainsi dotée, la SLK accélère de 0 à 100km/h en seulement 5,2 secondes.

Pour l’anecdote, les dessous de la SLK R170, y compris sa mécanique et son tableau de bord, sont utilisés par la Chrysler Crossfire, également produit en Allemagne chez Karmann. Une conséquence du rapprochement Daimler/Chrysler de 1998 à 2007.

Points fortsPoints faiblesProblèmes rencontrés
Fiabilité

Comportement routier

Confort

Agrément du toit escamotable

Consommation

Sonorité du moteur (4 cylindres)

Commande de boîte manuelle

Ce n’est pas une sportive

Coffre ridicule quand le toit est ouvert

Quelques défauts électriques et de finition

Rares problèmes de toit (étanchéité, fonctionnement)

L’équipement de série est généreux avec les vitres, rétroviseurs et toit à commande électrique ; l’ABS ; la direction assistée ; le double airbag. Les versions des derniers millésimes incluent également la climatisation, l’ESP, le filet anti-remous et les airbags latéraux.

Au moment du choix, il est impératif de sélectionner une voiture avec un entretien suivi. Un bon historique est indispensable pour éviter des coûts de maintenance ou de remise en état pouvant être élevés.

Les SLK 200 et 230 sont déjà de bons choix même si la sonorité du moteur et la commande de la boîte manuelle pourront gêner les amateurs de conduite les plus exigeants.

La SLK 32 AMG représente le dragster de la famille. Mais la SLK perd alors en homogénéité sous l’effet d’une cavalerie débordante.

Notre coup de cœur : une SLK 320 boîte automatique. Elle magnifie les qualités intrinsèques de ce roadster en y ajoutant l’agrément et la musicalité d’un moteur six cylindres.

La côte des différentes versions

SLK 200 & 200 Kompressor3 000 à 10 000€
SLK 230 Kompressor4 500 à 11 000€
SLK 3207 500 à 12 500€
SLK 32 AMG14 000 à 19 000€