Un V8, oui mais un V8 américain : Chevrolet Corvette C4 Convertible

Après plusieurs coupés japonais sympathiques, Alexandre souhaite un V8, enfin une voiture dotée d’un moteur V8 plus exactement.

Pourquoi cette voiture :


Pour son entrée dans le monde des V8, il lui faut trouver un V8 abordable, accouplé à une boîte manuelle. Les budget achat, carburant et entretien doivent en effet rester maîtrisés. L’opportunité qui se présente alors prend la forme d’une Chevrolet Corvette C4 convertible. Cette auto hors du commun en France, possède une gueule d’enfer qui plaît au premier regard, mais reste quelque peu dans l’ombre du reste de la famille Corvette.

La voiture est de 1988, millésime 1989. Vendue initialement aux États-Unis, elle quitte le Texas pour la France un an plus tard, au cours d’une importation à titre isolé. Alexandre acquiert cette Corvette 25 ans plus tard par le biais d’un ami, avec une étonnante surprise : elle a été immatriculée trois mois après sa naissance. Elle affiche aujourd’hui 100 000 miles à son compteur, pour un véhicule pouvant atteindre les 250 000 miles si les entretiens sont respectés.

Outre son style taillé à la serpe, une Corvette C4 recèle de nombreuses originalités : son grand capot d’une seule pièce, s’ouvrant à la manière des Jaguar Type E, ses rétroviseurs fixes, et sa carrosserie en forme de « bouteille de Coca-Cola ».

Ses ressorts de suspension sont constitués de deux lames transversales en matériau composite combiné à des amortisseurs Bilstein, afin de garantir des masses suspendues plus basses et peu de roulis en virage. Ensuite plusieurs de pièces de la voiture sont en aluminium, et la carrosserie reste habillée de panneaux en fibre de verre, selon une tradition inchangée depuis la première Corvette de 1953. Son gros moteur V8, peu puissant mais coupleux, permet de se balader sur de longues distances, tout en étant capable de se montrer nerveux à la demande. Sur cette quatrième génération, plusieurs moteurs sont disponibles en fonction des années (L83, L98, LT1, LT4 et LT5). Sur la voiture d’Alexandre, on trouve le L98, délivrant une puissance de 245hp et un couple de 461Nm, qui équipent aussi les Chevrolet Camaro Z28 et Pontiac Trans Am des mêmes années. Enfin, son tableau de bord possède un affichage digital. Ceci lui donne des airs de K2000 qui rappelle que cette voiture est un pur produit des années 1980.

Ce roadster possède une boîte manuelle à six rapports. Cette boîte conçue en collaboration avec ZF, a remplacé avantageusement la boîte Doug Nash à quatre rapports et un overdrive sur les trois derniers rapports ce qui en faisait, presque, une boîte à sept rapports. Cette transmission avait pour but de permettre à la Corvette de passer les normes antipollution mais elle manquait terriblement de fiabilité. Cette faiblesse n’existe plus avec la boîte à six vitesses ZF6. On trouve au bout de l’arbre de transmission, un pont de type DANA d’un ratio de 3,07:1.

D’expérience, Alexandre note qu’une Corvette Convertible se révèle être plus étanche qu’un coupé et son toit amovible. Le caractère attachant de l’auto est renforcé par plusieurs détails d’ergonomie comme le bouchon de réservoir d’essence placé sous une trappe au centre du capot arrière, des essuie-glaces camouflés, qui balayent du centre vers l’extérieur, et commandés par un bouton situé près de l’accoudoir de portière, ou enfin par une poignée de frein à main à gauche du siège conducteur qu’il convient de tirer puis de rabattre pour ne pas gêner l’accès à bord, le déverrouillage du frein de stationnement se faisant par un bouton. L’équipement intègre un régulateur de vitesse, un audio performante de marque Bose, et des éclairages intérieurs et extérieurs en grande quantité, comme par exemple : lorsqu’on met le clignotant la nuit, une ampoule blanche allume le côté en question pour améliorer l’éclairage latéral, ou bien le compartiment moteur éclairé par plusieurs ampoules.

Conduite et performances :


Derrière le volant d’un tel monstre aux dimensions imposantes, vous êtes rapidement submergé par le plaisir de conduire une voiture bestiale. La Corvette dispose d’un moteur plein de ressources au couple phénoménal, et au son envoûtant. Jamais il ne faiblit, il y a toujours de la reprise.

La tenue de cap est bonne tout comme le comportement dans les virages. D’origine, cette Corvette C4 Convertible possède des pneus de 275 millimètres de large posés sur des jantes de 17 pouces. Une telle monte pneumatique a deux inconvénients : un effet négatif sur la tenue de route en cas d’irrégularités et pour l’inscription en virage, et un coût de remplacement prohibitif. Chevrolet a d’ailleurs réduit les dimensions pneumatiques de la Corvette C4 pour le millésime 1993. Elles sont passées de 275 millimètres aux quatre roues, voire 315mm pour l’arrière en option, à 255mm à l’avant et 285mm à l’arrière pouvant toujours être portée à 315mm.

Pour résoudre ces deux inconvénients, Alexandre fait le choix de réduire la taille des jantes à 16 pouces et celle des pneus à 225 millimètres sur les quatre roues, permettant d’accroître la légèreté du train avant, et rendant meilleure la tenue de route sous la pluie.

Sur les premières Corvette C4, le freinage faisait partie des points faibles de l’auto avec des étriers de freins identiques pour les quatre roues. Des étriers à double piston ont été installés à partir du millésime 1988 avec l’option Z51.

Confort et fonctionnalités :


Une Corvette C4 est un engin qui efface la route. Le confort prime sur le sport. Les routes dégradées ne figurent pas parmi les favorites de la voiture.

L’accès à bord est quelque peu compliqué pour se glisser sur des sièges bas, réglables électriquement en hauteur. Une Corvette Convertible nous rappelle ce qu’est un roadster, du siège, il est possible de toucher la roue arrière. Une fois installé, le confort d’assise sur un revêtement en cuir souple est assuré.

Le conducteur trouve rapidement ses marques, aidé par une bonne ergonomie. Le compteur digital donne un côté sympathique surtout de nuit. Il permet de choisir un affichage de la vitesse en kilomètres ou en miles par heure par l’intermédiaire d’un commutateur. D’autres boutons permettent d’afficher des informations utiles telles que les températures d’eau et d’huile, la consommation d’essence, la température extérieure et la pression d’huile.

Qualité et coûts :


La finition de l’auto apparaît médiocre avec des ajustements approximatifs, des plastiques durs et des vis apparentes. Bienvenue à bord d’une américaine.

La fiabilité est cependant au rendez-vous. En cas de pépins, les pièces sont faciles à trouver. Ainsi, Alexandre s’occupe lui-même de l’entretien de sa Corvette. Il réalise beaucoup d’opérations préventives. Les injecteurs d’origine, des Multek série 1989, ne dépassant pas les 100 000 miles, ont été remplacés par des injecteurs Bosch qui ont équipé ultérieurement ce modèle. Les huit injecteurs, garantis à vie, ont coûté la modique somme de 130 dollars américains. Une attention particulière doit être portée sur l’électricité. Il est préférable de remplacer les condensateurs pour éviter les surtensions, et augmenter la durée de vie des équipements électroniques mais aussi pour améliorer la qualité audio des enceintes incluses dans la radio, et du compteur digital.

Attention à la climatisation aussi, pour l’anecdote, une grosse fumée se met à sortir du capot lors d’un trajet sur l’autoroute. Panique à bord ! Mais plus de peur que de mal, il s’agissait simplement de la climatisation qui s’était bloquée.

Sur le plan de la consommation de carburant, ce V8 américain n’est guère plus glouton que ses homologues européens en avalant 11 à 13 litres de sans plomb aux cent kilomètres.

L’anecdote du propriétaire :


Que du bonheur cette voiture ! Alexandre a l’impression d’être Futé de l’Agence Tout Risque avec cette auto qui permet de replonger dans les années 1980, celles des débuts de l’électronique, et des séries télé américaines. Cette star (la voiture ou Alexandre, on vous laisse choisir) est souvent prise en photo. Elle permet de nouer des contacts en étant l’occasion d’échanges sympathiques avec d’autres personnes. C’est une voiture d’un budget accessible qui permet de faire des rassemblements avec des voitures plus exclusives.