



Première Lamborghini troquant le traditionnel moteur V12 au profit d’un V8, l’Urraco est un coupé qui se veut plus économique tout en restant fidèle à des performances de haut niveau.
Première Lamborghini troquant le traditionnel moteur V12 au profit d’un V8, l’Urraco est un coupé qui se veut plus économique tout en restant fidèle à des performances de haut niveau.
inédite
Marcello Gandini, styliste chez Bertone
À la fin des années 1960, le succès des Ferrari 246 Dino et Porsche 911 soulève une nouvelle tendance en matière d’automobile : des voitures sportives plus abordables. Exit les gros V12 et les prix exorbitants, place aux petits V6 et V8, tout aussi agréables et qui permettent de vivre de belles expériences de vitesse ! En décalage par rapport à ce phénomène avec ses Miura et Espada, Ferruccio Lamborghini souhaite à son tour se lancer dans ce marché florissant, et réfléchit sans plus attendre au développement d’un nouveau modèle, moins puissant mais plus accessible.
Il confie le projet à Marcello Gandini, grand habitué des Automobili Lamborghini de, qui se charge du dessin de la ligne et de la réalisations des deux premiers prototypes durant l’été 1970. Plusieurs sont réalisés au cours de l’année 1970, et l’un deux, préfigurant le modèle définitif, est exposé à Turin pour le salon de l’auto de 1970. Prénommé « Urraco », son dessin tout en finesse plaît, et les carnets de commandes, bien que la version de série ne soit pas encore connue, se remplissent rapidement. Paolo Stanzani débute alors les études d’un nouveau moteur V8 à 90° destiné à l’Urraco.
Mais au-delà de quelques évolutions esthétiques, des soucis mécaniques en série obligent la firme italienne à apporter des modifications à la voiture et à repenser en grande partie le moteur. La date de lancement est retardée, les clients sont mécontents, et beaucoup annulent leur commande ! Lorsque la version définitive sort des usines de montage, il s’est écoulé deux ans, autant vous dire que le public ne voit pas cette voiture d’un très bon œil !
D’abord proposée sous une motorisation 2,5 L de 220 ch, l’année 1974 voit l’arrivée d’une nouvelle version de 3,0 L développant 250 ch. Celle-ci apporte plusieurs améliorations avec un moteur à double arbres à cames en têtes, ainsi que du cuir de série et non plus en option. La Lamborghini Urraco est enfin appréciée à sa juste valeur ! Puissante et robuste, son moteur en position transversal central arrière permet de bien répartir la masse de la voiture, qui se révèle maniable et clouée à la route. En parallèle, on assiste aussi à la naissance cette année-là du plus petit moteur jamais monté sur une Lamborghini : un V8 2,0 L de seulement 182 ch ! Réservé à l’Italie, il y remplace le V8 de 2,5 L suite à de nouvelles réglementations, qui taxent fortement les véhicules ayant une cylindrée supérieure à 2,0 L. Pour l’anecdote, les Urracco vendues en France reçurent une lunette arrière spécifique en raison de la non homologation des jalousies présentes sur la voiture. Les ambitions étaient d’écouler 1000 Urraco lors de la première année pleine de production c’est-à-dire en 1973. Seules 285 voitures furent pourtant produites cette année-là. Malgré ces piètres résultats commerciaux, l’Urraco séduisit donc tout de même par ses bonnes performances et ses tarifs alléchants.
| Date | Évènements | Description |
| 10/1970 (Salon de Turin) |
Présentation en 1re mondiale | Présentation comme prototype avec un exemplaire blanc chez Bertone et un autre orange sur le stand Lamborghini |
| 10/1971 (Salon de Londres) |
Jalon | Présence de l’Urraco, toujours en développement |
| Mi-1972 | Début de la production | La version de série P250 commence à sortir de l’usine à une cadence régulière. Par rapport aux premiers prototypes, des phares additionnels ont été ajoutés sous le pare-chocs avant et le volant a été modifié. |
| 10/1972 (Salon de Turin) |
Nouvelle version | Une variante S, pourvue d’une mécanique identique, complète la gamme en offrant un aménagement intérieur plus raffiné avec sellerie cuir, moquette épaisse, vitres teintées et lève-vitres électriques. |
| 10/1974 (Salon de Turin) |
Nouvelle version | Gamme réorganisée : au côté des P250 et P250 S qui vont subsister encore quelques mois, apparaissent la P200 avec un V8 2,0 L, réservée au marché italien, la P300 dotée d’un V8 3,0 L double arbre plus puissant, et la 111 destinée aux marché nord-américain avec un V8 2,5 L dépollué de 180 ch au lieu de 220 ch, des feux de position latéraux et des pare-chocs noirs renforcés |
| 09/1976 | Arrêt de la commercialisation | Retrait du catalogue des versions P200, P250 et P250S |
| 06/1979 | Fin de la production |
| Appellation | Moteur/BV | Marché | Période de commercialisation |
| P200 (2000) | V8 2.0 M5 | IT | 1974-1976 |
| P250 | V8 2.5 M5 | EU | 1972-1976 |
| P250 S | V8 2.5 M5 | EU | 1972-1976 |
| 111 | V8 2.5 M5 | US | 1974-1979 |
| P300 (3000) | V8 3.0 M5 | EU | 1974-1979 |
| DE |
GB |
FR |
IT |
ES |
BE |
NL |
| AT |
CH |
|||||
| US |
Lieu de production : Sant’Agata Bolognese, Italie
Chiffres de production :
| Année |
P200 |
P250 |
P300 |
| 1970 |
2 (1) |
||
| 1971 |
2 |
||
| 1972 |
35 |
||
| 1973 |
285 |
||
| 1974 |
1 |
160 |
1 |
| 1975 |
32 |
40 |
84 |
| 1976 |
35 |
75 |
|
| 1977 |
29 |
||
| 1978 |
9 |
||
| 1979 |
7 |
||
| TOTAL |
68 |
524 (2) |
205 |
(1) Prototypes ; (2) dont 21 versions US 111
| Carrosserie | Coupé fastback 2 portes 2+2 places |
| Poids à vide (kg) | De 1250 à 1370 |
Pare-chocs noirs de sécurité et feux de position latéraux sur version US 111
| EMPATTEMENT - e (cm) | 245 |
| LONGUEUR - L (cm) | 421,5 (P200) |
| LARGEUR - l (cm) | 174 |
| HAUTEUR - h (cm) | 116 |
Structure monocoque et carrosserie autoporteuse en acier
Suspension AV : Roues indépendantes ; pseudo-McPherson (triangles inférieurs) ; Ressorts hélicoïdaux ; Barre antiroulis
Suspension AR : Roues indépendantes ; Triangles obliques ; Ressorts hélicoïdaux ; Barre antiroulis
Freinage : double circuit et servo ; disques ventilés à l’avant et à l’arrière
Direction : à crémaillère
Position : transversale centrale arrière
Matériaux : Bloc et culasses en aluminium
Vilebrequin à 5 paliers
Distribution : un (2,0 L et 2,5 L) ou deux (3,0 L) arbre(s) à cames en tête par rangée de cylindres entraînés par courroie crantée
Refroidissement par eau
Roues motrices : Propulsion
Position du levier de commande de la boîte de vitesses : au plancher
| Version | P200 (2000) | P250 | 111 US | P300 (3000) |
| Période de production | 1974-1976 | 1972-1975 | 1974-1975 | 1974-1979 |
| Code moteur | n.d | L240 | L240 | L302 |
| Type | Essence | Essence | Essence | Essence |
| Nombre de cylindres | 8 | 8 | 8 | 8 |
| Disposition | V à 90° | V à 90° | V à 90° | V à 90° |
| Cylindrée | 1994 cc | 2463cc | 2463cc | 2996cc |
| Puissance | 182 ch | 220 ch | 180 ch US | 250 ch |
| Régime | 7500 tr/min | 7500 tr/min | 7500 tr/min | 7500 tr/min |
| Norme | DIN | DIN | DIN | DIN |
| Taux de compression | 8,6:1 | 10,4:1 | 10,4:1 | 10,0:1 |
| Alimentation | 4 carburateurs inversés double corps | 4 carburateurs inversés double corps | 4 carburateurs inversés double corps | 4 carburateurs inversés double corps |
| Boîte de vitesses | M5 Lamborghini | M5 Lamborghini | M5 Lamborghini | M5 Lamborghini |
| Vitesse maxi | 215 km/h | Plus de 240 km/h | 225 km/h | Plus de 260 km/h |
| Accélération de 0 à 100 km/h | 7,2 s | n.d | n.d | n.d |
| Accélération 1000 m D.A. | 28,2 s | 26,8 s | n.d | 25,8 s |
| Consommation normalisée | 13,8 l/100 km | n.d | n.d | n.d |
|
SÉRIE |
DISPONIBLE |
NON DISPONIBLE |
|
| Lave-glace et essuie-glace à deux vitesses | X | ||
| Phares longue portée | X | ||
| Sièges AV séparés | X | ||
| Sellerie cuir | X | ||
| Climatisation | X | ||
| Vitres électriques | X | ||
| Radio | X | ||
| Direction assistée | X |
En 1973, l’essayeur maison Bob Wallace développe sur son temps libre une Urraco destinée à la compétition. Il obtint un moteur 3,0 L, bientôt monté en série, et le dote d’un carter sec et d’une culasse à quatre soupapes par cylindre, pour atteindre une puissance de 310 ch. La voiture reçoit une coque renforcée et des trains roulants adaptés, tandis qu’elle profite de quelques allègements. Un imposant spoiler avant et un large aileron arrière sont également ajoutés. Ce projet ne connut malheureusement pas de suite bien que cette version ait pu concourir en Groupe 5.