



Citroën voulut étendre sa gamme de petites voitures avec une berline 3 portes construite en Roumanie. L’idée était bonne mais l’Axel fut un désastre pour la marque.
Citroën voulut étendre sa gamme de petites voitures avec une berline 3 portes construite en Roumanie. L’idée était bonne mais l’Axel fut un désastre pour la marque.
Projet Y développé par Citroën entre 1970 et 1974
Centre de style Citroën
Citroën développa au début des années 1970 une petite voiture sous le code Y correspondant à une berline bicorps avec hayon en variante 3 ou 5 portes. Démarré courant 1970 et quasi achevée fin 1974, le modèle était prévu pour fin 1975-début 1976. La marque au double chevron était ainsi particulièrement en retard dans ce segment par rapport à la concurrence (Fiat 127, Renault 5, Peugeot 104). Traversant d’importantes difficultés, Citroën fut repris par Peugeot en décembre 1974 ce qui entraîna l’abandon du projet Y au profit de la LN, jumelle de la Peugeot 104 Coupé, et de la Visa, dérivée de la Peugeot 104 berline et dont le style fut quelque peu inspiré par le projet Y
Toutefois, en 1976, une opportunité se présenta pour lancer une petite voiture économique qui serait produite en Roumanie à des tarifs très compétitifs ce qui séduisit Citroën et entraîna la reprise du projet Y. On se reportera à la page consacrée au constructeur Oltcit pour en savoir plus à ce sujet. Ainsi, dès novembre 1979, la marque au double chevron travaille sur un restylage de l’auto initiale en la dotant de généreux boucliers en plastique qui lui confèrent une allure plus moderne. La voiture affiche ainsi un style extérieur plutôt réussi, tandis que l’intérieur nous plonge immédiatement dans l’univers Citroën en raison du volant monobranche et des satellites de commandes. Les mécaniques (moteurs refroidis par air et boîtes de vitesses) proviennent des Visa et GSA.
Après un démarrage difficile de l’usine roumaine, Citroën passe une première commande d’approvisionnement en septembre 1983 pour débuter la commercialisation de la voiture en Europe de l’Ouest. Par rapport au projet Y initial, ce modèle arrive finalement sur le marché avec huit ans de retard ! Notons que l’appellation Aura fut envisagée avant que le nom d’Axel ne soit choisi en janvier 1984.
L’Axel se distingue de l’Oltcit Club par des boucliers enveloppants en plastique, un habillage des gouttières et des baguettes entourant le hayon de couleur noire, une petite baguette en plastique gris à l’extrémité du capot et une finition intérieure améliorée sur les 11 R et 12 TRS. On note aussi la suppression des bavettes placés derrière les roues, le retrait des plaques de protection fixées sous la voiture, ainsi que la disparition, sous le capot, de la pompe à main pour le carburant et de la trousse à outils. Sur le plan technique, les amortisseurs sont plus souples et la suspension a été légèrement abaissée réduisant ainsi la hauteur totale de la voiture de 13 mm. Une variante Entreprise, utilitaire avec deux places seulement et un plancher arrière aménagé, est proposée par Citroën dès le lancement sur le marché français.
Lancée en juillet 1984, l’Axel fut la première voiture produite à l’étranger et vendue en France par un constructeur français. Le fait qu’elle soit fabriquée en Roumanie aida à faire passer la pilule auprès des syndicats car l’auto provenait d’un pays communiste. Citroën décida de ne pas vendre l’Axel sur certains marchés exigeants comme l’Allemagne, la Suisse ou encore les pays scandinaves. Par ailleurs, l’absence d’une version à conduite à droite fit que l’Axel ne fut pas commercialisée au Royaume-Uni. Enfin, on renonça aux marchés espagnols et portugais en raison de l’importance des droits de douane sur les voitures importées.
L’Axel et la Visa ont un style proche ce qui peut faire penser que l’Axel serait une version 3 portes de la Visa. Pourtant, ces deux Citroën n’ont rien en commun, excepté le moteur bicylindre, si l’Axel en avait été dotée comme cela fut envisagé. Citroën avait en effet prévu une Axel 6 à moteur bicylindre dont quelques prototypes furent réalisés. Cette version fut homologuée en France en mars 1986 mais sa commercialisation, prévue pour le millésime 1987, n’eut jamais eu lieu.
L’Axel se présente sous la forme d’une petite voiture économique, pratique et robuste offrant un bon confort et un grand coffre. Son habitabilité, sa tenue de route et ses aspects pratiques sont ses maître-atouts. En revanche, le modèle souffre d’une consommation de carburant élevée et surtout d’une qualité de fabrication déplorable. Cette dernière causa d’ailleurs de nombreux soucis au réseau Citroën si bien qu’il ne chercha plus trop à vendre l’Axel après seulement deux ans de commercialisation.
Bien que réussie de conception et malgré son arrivée tardive sur le marché, l’Axel aurait pu connaître une carrière plus glorieuse si l’usine Oltcit avait voulu servir dignement les marchés d’Europe de l’Ouest, où la concurrence faisait rage dans le segment des petites voitures. Après 4 années difficiles, Citroën choisit de mettre un terme à la carrière de l’Axel, dont les derniers exemplaires en stock mirent encore près de deux ans à s’écouler.
| Date | Évènements | Description |
| 06/1984 | 1re photo | Citroën diffuse les premières informations relatives à l’Axel début juin et obtient les homologations de la voiture avant la fin du mois. |
| 07/1984 | Lancement | L’Axel arrive en France pour le millésime 1985. |
| 10/1984 (Salon de Paris) |
1er salon | Le public découvre l’Axel, une petite voiture économique produite en Roumanie. |
| 02/1985 (Salon d’Amsterdam) |
Commercialisation | Début de la diffusion aux Pays-Bas |
| 05/1985 | Commercialisation | Arrivée en Belgique |
| 06/1985 | Commercialisation | Débuts des ventes en Autriche, en Italie et en Grèce |
| 07/1985 | Améliorations | Millésime 1986 : • Poignées de portes noir mat au lieu de chromées • Version Axel Entreprise avec installation au GPL |
| 01/1986 | Améliorations | Plus de cadre argenté autour des aérateurs sur la planche de bord |
| 07/1986 | Améliorations | Millésime 1987 : • Calandre gris clair au lieu de noir • Commercialisation de la 12 TRS en Italie avec un moteur d’une cylindrée de 1301 cc au lieu de 1299 cc pour des raisons règlementaires |
| Courant 1987 | Arrêt de la commercialisation | Retrait de l’Axel du catalogue Citroën en Autriche et en Grèce |
| 07/1987 | Améliorations | Millésime 1988 : Retrait des double chevron placés derrière le monogramme Citroën fixé sur le hayon |
| 12/1988 | Fin de la production | |
| Courant 1989 | Arrêt de la commercialisation | Retrait de l’Axel du catalogue Citroën en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas |
| 07/1989 | Améliorations | Millésime 1990 : • Baisse des prix de vente pour écouler les invendus, le tarif de l’Axel étant désormais inférieur à celui de la 2CV • Montage de jantes en tôle sur la 12 TRS pour réduire le prix, les jantes en alliage restant disponibles en option |
| 06/1990 | Arrêt de la commercialisation | Suppression du catalogue Citroën en France |
| Appellation | Moteur/BV | Marché | Période |
| Axel | 4H 1,1 L M4 | FR BE ; NL ; IT AT |
1984-1990 1985-1989 1985-1987 |
| Axel 11 R | 4H 1,1 L M4 | FR IT GR |
1984-1990 1985-1989 1985-1987 |
| Axel 12 TRS | 4H 1,3 L M5 | FR BE ; NL AT IT |
1984-1990 1985-1989 1985-1987 1986-1989 |
| Axel Entreprise | 4H 1,1 L M4 | FR | 1984-1990 |
| Axel 12 TRS Entreprise | 4H 1,3 L M5 | FR AT |
1984-1990 1985-1987 |
Au printemps 1986, une série spéciale Plaisir se distinguant uniquement par une bande autocollante décorative sur les flancs et un logo « Plaisir » apposé sur le hayon fut commercialisée aux Pays-Bas.
| FR |
IT |
BE |
NL |
AT |
GR |
Un peu moins de 60 % des volumes ont été écoulés en France.
Lieu de production : Roumanie, Craiova
Chiffres de production : 60 184 exemplaires, inclus 13 175 versions Entreprise 2 places
| Carrosserie | Berline bicorps 3 portes 2 ou 5 places |
| Poids à vide (kg) | De 830 à 875 |
● Boucliers enveloppants en plastique, essuie-glace mono-balai, petite baguette en plastique gris à l’extrémité du capot et répétiteurs latéraux de clignotants ;
● Éléments spécifiques aux versions 11 R et 12 TRS : bandes de protection latérales, bande noir mat sous la lunette arrière et encadrement de portes et montant central peints en noir mat ;
● Enjoliveurs pleins sur 11 R et jantes en alliage léger sur 12 TRS (en tôle sur les exemplaires vendus à partir de juillet 1989 pour réduire le prix) ;
● Poignées de portes chromées jusqu’en juin 1985, puis noir mat ;
● Calandre noire jusqu’en juin 1986, puis grise ;
● Version utilitaire à deux places Entreprise, avec des vitres latérales arrière remplacées par des panneaux tôlés sur certains marchés.
| EMPATTEMENT - e (cm) | 237 |
| LONGUEUR - L (cm) | 372,5 |
| LARGEUR - l (cm) | 154,2 |
| HAUTEUR - h (cm) | 141,7 |
Structure monocoque et carrosserie autoporteuse en acier
● Suspension AV : Roues indépendantes ; Bras triangulés ; Barres de torsion longitudinales reliées par une lame transversale
● Suspension AR : Roues indépendantes ; Bras tirés ; Barres de torsion transversales
● Freinage : double circuit ; disques ventilés à l’avant, accolés au différentiel, et disques à l’arrière
● Direction : à crémaillère
● Position : longitudinale en porte-à-faux avant
● Matériaux : bloc et culasses en aluminium
● Vilebrequin à 3 paliers
● Distribution : un arbre à cames en tête par rangées de cylindres entraînés par courroie crantée
● Alimentation : un carburateur double corps inversé à registre Solex
● Refroidissement par air
● Autres éléments : radiateur d’huile ; allumage électronique sur moteur 1.3
● Roues motrices : Traction avant
● Position du levier de commande de la boîte de vitesses : au plancher
| Version | Axel/Axel 11 R | Axel 12 TRS |
| Période | 1984-1990 | 1984-1990 |
| Code moteur | G11/631 | T13/653 (*) |
| Type | Essence | Essence |
| Nombre de cylindres | 4 | 4 |
| Disposition | H | H |
| Cylindrée | 1129 cc | 1299 cc (*) |
| Puissance | 57,5 ch | 61,5 ch |
| Régime | 6250 tr/min | 5500 tr/min |
| Norme | DIN | DIN |
| Taux de compression | 9,0:1 | 8,7:1 |
| Boîte de vitesses | M4 | M5 |
| Vitesse maxi | 150 km/h | 157 km/h |
| Accélération de 0 à 100 km/h | 15,4 s | 13,1 s |
| Consommation normalisée | 7,6 l/100 km | 7,3 l/100 km |
(*) Code T13/654 et cylindrée de 1301 cc pour la version destinée au marché italien
|
SÉRIE |
DISPONIBLE |
NON DISPONIBLE |
|
| Appuie-têtes avant |
|
X |
|
| Assistance de freinage |
|
X |
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| Bouchon de réservoir de carburant verrouillable |
X |
||
| Ceintures de sécurité avant fixes |
X |
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| Ceintures de sécurité arrière fixes |
X |
||
| Ceintures de sécurité avant à enrouleur |
X |
||
| Ceintures de sécurité arrière à enrouleur |
X |
||
| Essuie-glace à 2 vitesses |
X |
||
| Essuie-glace à balayage intermittent |
X |
||
| Essuie-glace arrière |
X |
||
| Feux de recul |
X |
||
| Feux AR de brouillard |
X |
||
| Lave-glace électrique |
X |
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| Lunette arrière chauffante |
X |
||
| Pare-brise feuilleté |
X |
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| Phares halogène |
X |
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| Phares longue portée |
X |
||
| Phares antibrouillard |
X |
||
| Rétroviseur extérieur côté conducteur |
X |
||
| Rétroviseur extérieur côté passager |
X |
||
| Rétroviseur extérieur côté conducteur réglable de l’intérieur |
X |
||
| Rétroviseur extérieur côté passager réglable de l’intérieur |
X |
||
| Rétroviseur intérieur jour/nuit |
X |
||
| Verrouillage centralisé |
X |
||
| Accoudoirs et vide-poches sur les portes |
X |
||
| Accoudoirs latéraux arrière |
X (sauf Entreprise) |
||
| Aérateurs |
X |
|
|
| Allume-cigares |
X |
||
| Boîte à gants fermant à clé |
X |
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| Cendrier |
X |
||
| Climatisation |
X |
||
| Compte-tours |
X |
||
| Déflecteurs de vitres |
X |
||
| Direction assistée |
|
X |
|
| Montre à affichage numérique |
X |
||
| Moquette au plancher |
X |
||
| Ordinateur de bord |
X |
||
| Pare-soleils avec miroir de courtoise côté passager |
X |
||
| Pré-équipement radio (antenne et câblage) |
X |
||
| Pré-équipement radio (haut-parleurs) |
X |
||
| Radio |
X |
||
| Vitres arrière pivotantes |
X |
||
| Vitres électriques AV |
X |
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| Vitres électriques AR |
X |
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| Vitres teintées |
X |
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| Banquette AR rabattable |
X |
|
|
| Siège avant droit escamotable |
X (uniquement version utilitaire) |
||
| Tablette arrière |
X |
||
| Jantes en alliage |
X |
||
| Peinture métallisée |
X |
À la fin des années 1970, une version utilitaire service avec une cellule arrière en polyester fut étudiée mais ce travail n’aboutit qu’à la création de la version Entreprise de la Citroën Axel avec un plancher arrière plat.
Un modèle cabriolet avec arceau de l’Axel fut envisagé, dès le début des années 1980, aboutissant à la réalisation d’un prototype par le carrossier italien Coggiola et d’études par le français Heuliez. Ce dernier dessina également des voitures tout chemin, basées sur l’Oltcit et destinées à succéder à la Méhari.
En octobre 1984, Sbarro présente au salon de Paris le prototype Onyx réalisé à partir d’une Citroën Axel. La voiture possède une face avant redessinée et a été transformée en break de loisirs avec une partie arrière de la carrosserie inédite. Le hayon du modèle de série a toutefois été repris. À bord, on trouve deux strapontins supplémentaires derrière la banquette arrière ainsi qu’un garnissage cuir étendu et des placages de bois.